«De nos jours, le sapin richement décoré fait partie intégrante de la fête de Noël. Un Noël sans sapin, sans la moindre branche, ni pive n’est pas vraiment un Noël».

 La tradition du sapin de Noël, tel que nous le connaissons actuellement, trouve son origine, semble-t-il, car les écrits sont parfois en contradiction, en Alsace, en France, aux alentours de l’an 1520.

L’histoire se précise en 1546 où des écrits attestent que la ville de Sélestat en Alsace donne son accord à la coupe de sapins pour Noël, et ceci, au cours de la nuit de St Thomas soit le 21 décembre. On constate que dès l'origine, le sapin de Noël était toujours coupé, et pendant plus de 4 siècles les êtres humains n'ont pas pensé à d'autres solutions que de "raser la forêt".


Ces arbres étaient décorés de roses, de pommes, ainsi que de divers petits gâteaux et confiseries.
Les pommes avaient une valeur symbolique, car sur l’ancien calendrier des saints, le 24 décembre était réservé à Adam et Eve.
A cette époque, l’église ne vit pas cette coutume d’un bon œil. Elle la considéra comme une pratique païenne. Ce fut le cas jusqu’au milieu du 20e siècle. La tradition du sapin de Noël se répandit dans les pays d’Europe protestante, en Allemagne et en Scandinavie. En France, il fut introduit par Marie Leszcynska, femme de Louis XV qui fit décorer un sapin en 1738.
A la fin du 19e siècle, on peut considérer que toute l’Europe occidentale adopta cette coutume.

Au 20ème siècle, cette tradition est arrivée en Orient chrétien notamment parmis les maronites (Liban).

Traditionnellement, les pommes restaient l’élément majeur de décoration. L’hiver de 1858 fut si rigoureux que les pommes vinrent à manquer. Un certain verrier inventif eu l’idée de créer des boules représentant une pomme, depuis, les boules de verre multicolores remplacent le fruit symbolique.

Parlons arbres !
Dans 70% des cas, le sapin de Noël n’en est pas un! En effet, l’essence la plus utilisée et la plus répandue dans les marchés de Noël, est en fait l’épicéa commun (Picea abies) appelé également, pour ajouter à la confusion, sapin rouge. Cet arbre est le roi de nos forêts de montagnes, supportant les grands froids, on le trouve en rangs serrés de 800 à 1500 m d’altitude. Il est rustique et peu exigeant, recouvre nos contrées depuis plus de 10 millions d’années! L’épicéa peut atteindre des hauteurs de plus de 50 m; dans certaines forêts des Carpates, non exploitées, certains sujets flirtent avec les 70 m!
Planté en plaine sous nos climats, l’épicéa a une forte croissance, il devient rapidement exploitable comme arbre de Noël; de ce fait son prix de revient est plutôt faible, c’est l’arbre le meilleur marché.


Sa forme est régulière, bien conique, dans certains cas l’épicéa peut être un peu trop touffu, certaines sous-branches doivent être coupées pour éclaircir un peu sa silhouette et permettre l’installation des décorations. Il a une bonne odeur de «sapin»; avec lui dans notre salon, c’est vraiment Noël. Se desséchant assez rapidement, il aura tendance à perdre ses aiguilles plus rapidement que d’autres sapins. Il n’est pas conseillé de le garder trop longtemps car, en plus de tomber, les aiguilles sèchent, s’enflamment très rapidement, attention aux incendies!


Deux autres essences, qui sont de vrais sapins, se partagent le reste du marché:
- Le sapin blanc (Abies alba) est également originaire d’Europe centrale, d’où il fut introduit ensuite en Scandinavie par l’homme. C’est un géant pouvant atteindre 60 m et plus. Rustique et robuste, il peut se développer jusqu’à 2000 m d’altitude. Ses aiguilles sont plus larges et plus cirées que celles de l’épicéa; moins pointues, elles sont également moins piquantes. La face inférieure des aiguilles du sapin blanc est blanchâtre alors que le dessus est d’un vert très foncé. Les branches sont en général bien espacées, sa silhouette élancée est très régulière, particularité qui contribue à son succès commercial.


- Le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana) est l’arbre de Noël à la mode, c’est lui qu’il vous faut pour paraître «branché».
Cet arbre est originaire du Caucase occidental et d’Arménie où il forme des forêts pures à des altitudes variant de 400 à 2000 m. On en trouve dans certains de nos parcs, de forme très régulière; il peut atteindre plus de 30 m, certains sujets arrivent à 60 m dans leur zone d’origine. Très régulière, sa forme conique est parfaite. Autre avantage, ses aiguilles brillantes, vertes foncées sur le dessus et marquées de deux stries blanches au-dessous, restent longtemps sans sécher ni tomber.


Cet arbre serait presque parfait, malheureusement son odeur est beaucoup moins prononcée que celle de l’épicéa; autre désavantage, sa croissance est plutôt faible sur les jeunes plants, de ce fait son prix de revient est plus haut.
Il existe de nombreuses exploitations qui produisent des sapins de Noël en Suisse.
Certains pays sont de gros producteurs; le Danemark est le plus grand exportateur au monde, près de 10 millions d’arbres dont 95% de sapin de Nordmann sont exportés chaque année par ce petit pays.


Certaines personnes trouvent dommage d’abattre ainsi de jeunes arbres et de les jeter quelques jours après. Elles se tournent alors vers des sapins en pot, bien vivants qui, après avoir dû supporter la canicule d’une fête de Noël, vont être plantés dans le jardin durant les frimas de l’hiver. Ce chaud froid n’est pas toujours du meilleur aloi pour leur santé. Certains vont pourtant le supporter, les épicéas, les sapins sont des costauds, ce sont également des arbres pouvant atteindre de grandes dimensions et qui d’eux-mêmes ne descendent pas en plaine sous nos climats. Ainsi de nombreux sapins de Noël, plantés dans les jardins, deviennent des gêneurs de par leurs dimensions. Très souvent, ils ne sont pas en harmonie avec les autres végétaux du jardin. S’ils sont plantés en plaine, ils deviendront rapidement peu esthétiques, car ils ne supporteront pas bien le climat. Partant d’un bon sentiment, le fait de planter un sapin de Noël dans un coin du jardin, peut s’avérer être une catastrophe pour l’aspect de ce dernier et trop souvent, il entraîne plus de nuisances que de plaisirs. Je ne vais pas faire la description des arbres de Noël artificiels qui, à mon sens, ne devraient être utilisés que dans des cas bien précis. A noter que 70% des sapins de Noël sont artificiels aux Etats-Unis.


Le mode de culture pouvant être très intensif (trop d’engrais, trop de traitements chimiques, etc.) peut être critiquable. De même, acheter un sapin qui va, par camion, devoir traverser toute l’Europe, alors que chez nous, les sapins et les épicéas croissent depuis 10 millions d’années, est un peu idiot. Au consommateur de faire son choix, mais dans la fièvre et l’empressement des achats pour Noël, il y a fort à parier que l’origine du sapin ne soit pas, hélas, le souci principal de la majorité des acheteurs.



Il semble que le produit du terroir genevois doit être prioritaire dans les foyers genevois

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